Déclaration liminaire de la Cgt-Educ’Action 06 CSA-SD du 1 avril 2026
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Mesdames et Messieurs les membres du CSA SD,
Nous commencerons cette déclaration liminaire par citer les mots d’un homme que nous connaissons toutes et tous et que vous reconnaîtrez certainement…
« Recrutés et formés par l’État, les professeurs assurent la plus noble des missions : celle d’amener chaque enfant de France au meilleur de ses potentialités et lui permettre de devenir un citoyen libre et éclairé. (…) Outre les professeurs, (…) ce sont les accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap qui se mobilisent chaque jour pour que nos enfants apprennent dans les meilleures conditions. (…) L’École doit être, pour chaque enfant, un lieu où il puisse grandir et apprendre en paix, en sécurité, à l’abri de toute pression et de toute violence. Ceci implique, bien sûr, que l’institution soit exemplaire. »
« Depuis trop longtemps, notre société parle de vous comme de simples « moyens » humains, destinés à pallier toutes les errances et tous les doutes du reste du corps social. Je crois, au contraire, affirmer ce que vous êtes : des figures fondatrices et des bâtisseurs de notre avenir commun. (…) Vous êtes notre fierté, (…) vous êtes notre espoir, parce que notre avenir commun se joue, chaque jour, dans vos classes. »
Oui M. Le Ministre vous avez raison.
- Alors comment se fait-il que nos 130 000 AESH, sans qui, l’inclusion ne serait absolument pas possible, soient encore dans une situation de grande précarité sans statut et salaire décent ?
- Comment se fait-il que les salaires des enseignant·es de notre pays soient-ils encore les plus bas des pays de l’OCDE ?
- Pourquoi nos classes sont-elles encore parfois trop chargées ? La moyenne académique, bien supérieure à la moyenne nationale, ne reflète pas la réalité du terrain, connaissant les disparités géographiques de notre département. Être à 25 de moyenne dans une école signifie bien que certaines de ces classes sont à 30 compte tenu des obligations d’effectifs limités – effectifs limités nous nous en réjouissons – dans certaines classes….
- Pourquoi les problèmes de remplacement s’accroissent-ils ?
- Pourquoi la crise du recrutement et les démissions ne diminuent-elles pas ?
Vous décrivez un métier idéalisé, totalement déconnecté des réalités sociologiques.
- L’école c’est aussi des élèves en situation de handicap, en très grand nombre dans nos classes, des quartiers prioritaires sans aucune refonte de cette carte depuis des années et donc sans moyens supplémentaires pour des écoles qui en auraient grand besoin, une hétérogénéité grandissante dans nos classes, une pauvreté scolaire….
- Oui vos paroles sont belles, mais les moyens inexistants. Cette fierté que vous exprimez à notre égard doit se traduire par des actes, pas seulement par des mots.
- Oui M. Le Ministre vous avez raison. Nous ne sommes pas que des simples moyens.
C’est pourtant de cela que nous allons parler lors de cette instance. Et pour notre département, exactement de 2 moyens supplémentaires…. et pas de poisson d’avril malheureusement.…
Alors comment se réjouir ? comment croire à vos paroles ?
- Nous n’y arrivons pas parce que nous connaissons les conditions d’enseignement, nous savons que la France est l’avant-dernier pays d’Europe en matière de taux d’encadrement, nous savons que le département est en queue de classement en France. Nous ne pouvons pas nous réjouir car nous savons également, comme vous, que la baisse des effectifs par classe est un des moyens, qui a fait ses preuves, pour augmenter le niveau général des élèves. La baisse démographique est une belle occasion d’améliorer les conditions d’enseignement et nos conditions de travail, et nous passons à côté. Ce n’est pas de nature à redonner de l’attractivité au métier.
- Nous n’y arrivons pas non plus parce que, en plus d’avoir des conditions de travail dégradées, notre travail n’est pas reconnu : les enseignant·es français·es ont un niveau de vie inférieur aux autres cadres de la fonction publique d’État. Nous le savons et le disons depuis fort longtemps, mais désormais c’est la DEPP qui le dit, étude à l’appui. Le constat est donc désormais partagé, mais les années passées nous ont montré que nous ne pouvions pas attendre bien plus qu’un constat de votre part.
Ce CSA SD est marqué par les suppressions de postes au niveau national et une dotation indécente pour les Alpes-Maritimes dans le 1er degré, dotation encore plus mise à mal compte-tenu de l’obligation faite par le Ministère de créer des postes pour l’instauration des PAS. L’inclusion scolaire, l’enseignement spécialisé, ressemble de plus en plus à une armée mexicaine, beaucoup de Colonels mais peu de Caporaux, et de fait, des enfants qui souffrent, des enseignant·es qui craquent !
La Cgt-Éduc’Action 06 a exprimé lors du Groupe de Travail préparatoire ses priorités :
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L’extension des 1/4 de décharge aux écoles à 3 classes. Nous proposons d’ailleurs un vœu que nous vous demandons de soumettre au vote de ce CSA SD
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La création d’Ulis
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L’augmentation du nombre de Brigades.
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La prise en compte de l’augmentation, à cette rentrée, du nombre de stagiaires avec le double concours.
Nous saluons votre gestion, M. l’Inspecteur d’Académie, sur le plan départemental de la carte scolaire mais de toute évidence le Ministère ne vous donne pas les moyens nécessaires.
Nous tenons aussi, au lendemain d’élections qui ont vu nombre de Mairies du 06 prises par des élu·es d’Extrême-Droite (à commencer par Nice), à affirmer que nous resterons vigilant·es au respect des Lois de la République et à la non-ingérence des Mairies dans le fonctionnement des écoles pour tout ce qui ne relève pas de leur compétence.
La CGT a toujours été, est et sera toujours résolument anti-fasciste !

