Déclaration liminaire Cgt-Educ’Action CSA Académique du 29 janvier 2026
Mesdames, Messieurs,
La CGT Éduc’Action tient d’abord à avoir une pensée pour la jeune Camélia, 17 ans, victime de harcèlement scolaire, ainsi qu’à sa famille et ses camarades. Le harcèlement scolaire est un fléau contre lequel il faut lutter sans relâche. Pour le combattre, l’Éducation nationale ne peut se contenter de slogans : elle doit investir dans des moyens humains réels, sans quoi la lutte est vaine.
En ce début d’année 2026, la CGT Éduc’Action vous adresse ses vœux de fraternité, de sororité et de solidarité. Dans un monde traversé par les conflits et les divisions, nous réaffirmons notre exigence de paix et de justice sociale. Mais nous savons aussi que, dans l’éducation comme ailleurs, il n’y a pas de répit : les attaques contre nos droits, contre la démocratie et contre les services publics se multiplient.
Les gouvernements se succèdent mais continuent de bloquer les salaires et d’asphyxier les services publics. Ils les fragilisent en enchaînant réformes et dispositifs qui ne sont que des tentatives de déstabilisation. L’Éducation nationale, parce que nous y exerçons, semble être devenue le théâtre privilégié de ces coups de semonce, visant à l’accabler et à la dévaloriser. Sinon quoi ? Ce serait une insulte à l’intelligence de celles et ceux qui nous dirigent que de prétendre qu’ils et elles échouent par hasard à tout ce qu’ils entreprennent.
La liste des réformes imposées, appliquées puis abandonnées est longue : « choc des savoirs », « parcours en Y », et demain sans doute « 800 collèges ». À chaque fois, nous avons contesté, pointé les failles dès l’origine, et nous avons eu raison. Mais ces « matchs nuls » sont en réalité des victoires à la Pyrrhus pour le service public : elles lui coûtent toujours quelque chose. Que de temps, que d’énergie perdus, que de tourments infligés pour rien. Nous vous invitons solennellement, en ce début d’année, à réfléchir à tout ce que ce temps et cette énergie auraient pu permettre de construire pour l’école, et à penser aux personnels sans cesse blessés et épuisés par cette lessiveuse ridicule.
En ce mois de janvier, nous devons aussi revenir sur les conditions de rentrée dans plusieurs établissements. En pleine vague de froid, des records de température ont été battus… mais à la baisse. Sept degrés dans un lycée niçois, suite à une panne de chaudière. Les collègues et les élèves ont patienté dans ces conditions jusqu’au jeudi, avant de faire valoir leur droit de retrait. Le proviseur, alerté à plusieurs reprises, n’a pas semblé ému depuis son bureau chauffé. Pire encore, il a demandé des retenues sur salaire pour les professeur·es n’ayant pas fait l’appel après 14h, alors même que les élèves avaient quitté les locaux. Ces retenues sont injustes et illégitimes. Nous dénonçons fermement ce type de pratiques et comptons sur votre arbitrage, Madame la Rectrice, pour qu’elles ne soient pas suivies d’effet.
Après la canicule de la fin d’année scolaire, cette vague de froid rappelle l’urgence de l’isolation thermique des bâtiments. La campagne menée par la FSU, la CGT Éduc’Action, Sud et les associations écologistes est plus que jamais d’actualité.
Venons-en à l’ordre du jour, qui porte sur l’asphyxie économique. Les chiffres de la rentrée 2026 sont comme toujours éloquents tant ils font apparaitre de solide lignes de force anti service-public et anti-fonctionnaires.
Les moyens sont globalement stables, mais n’améliorent en rien les taux d’encadrement. On ne respire pas mieux.
Derrière cette stabilité apparente, les postes fixes sont déstructurés au profit des heures supplémentaires, fragilisant les équipes et préparant un recours toujours plus important aux personnels non-titulaires.
Dans le premier degré, l’Académie reste dernière au classement national avec un P/E de 5,75 contre 6,23 au niveau national (–7,7 %). À ce rythme, il faudrait 26 ans pour rattraper le retard. La baisse démographique aurait pu être un levier de redressement, mais ce n’est clairement pas le projet du ministère.
Ces constats renforcent ce que nous disions en préambule. Dans cette période ouverte depuis les législatives de 2024, le pouvoir est faible mais tient sa ligne de fragilisation obstinée du service public. Etant donné le contexte dans lequel elle se présente, cette séance du CSA Académique sera longue, nous aurons d’autres remarques bien entendu et des demandes d’explications.
Il nous tarde de voir, ensuite, comment les DSDEN répartiront les moyens dans le second degré et disposeront de leurs réserves. Mais il nous tarde aussi de construire les mobilisations qui combattront la dégradation des conditions de travail et d’apprentissage induites par cette dotation.
La CGT le dit clairement : nous serons aux côtés de nos collègues. La CGT est toujours aux côtés de celles et ceux qui se battent pour leur travail et pour l’école publique.
• Nous vous avons interpellé à ce sujet le 14 novembre en séance, avez-vous pris soin de vous assurer qu’aucun « Passeport du civisme » ne soit délivré aux élèves par les mairies complices du projet PERICLES du milliardaire d’extrême-droite Stérin ?
• Pouvez-vous nous éclairer sur le concept nouvellement développé dans l’académie de TZR virtuel ? Il va sans dire que nous y sommes farouchement opposés.
• Enfin, et Force Ouvrière va / vous a aussi interpellé à ce sujet, allez-vous décider de l’annulation de la conférence de David Harari auprès des élèves du collège Henri-Matisse ? Rappelons qu’il est surnommé le « père des drones » et nous ajouterions à ce surnom « qui ont contribué à la mort de près de 70 000 civils dont 18 000 enfants dans la bande de Gaza »
