Intervention de Marion Dupré co-secrétaire Générale de la Cgt-Educ’Action 06 prononcé le lundi 22 juin 2026 lors du rassemblement organisé par le Collectif Départemental des Droits des Femmes
Je suis Marion Dupré, je suis enseignante, je suis co-secrétaire de la CGT éducation 06.
Je suis une victime aussi, j’en porte le poids depuis plus de 35 ans.
Ceux qui nous connaissent savent à quel point la protection et l’émancipation des enfants, de tous les enfants, sans aucune discrimination, sont les combats qui nous animent.
La CGT est investie dans la coalition féministe et enfantiste pour la loi cadre intégrale depuis sa création. Elle a travaillé au côté de plus de 150 associations et organisations nationales pour élaborer ce projet de loi et lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
La CGT est au côté des travailleurs et travailleuses de la petite enfance, de l’éducation, de la justice, de la police, du soin, du lien et de l’accompagnement. Autant de citoyennes et de citoyens démunis, spectateurs impuissants face à l’ampleur de ces violences.
C’est pour les victimes, et pour tous les enfants, afin que chaque adulte responsable ait les moyens d’agir que nous réclamons une loi cadre intégrale. Nous demandons :
La Détection et la lutte contre la pédocriminalité en ligne
- Et le renforcement des moyens de traitement des signalements
La protection des victimes, en particulier des enfants avec
- La création d’une ordonnance de protection immédiate
- Le repérage systématique par les professionnel·les de santé
Un traitement judiciaire effectif des violences sexuelles avec
- Création d’unités de police judiciaire dédiées
- Création d’une justice spécialisée et dotée de moyens
- Un socle minimal d’actes d’enquête obligatoires dans un délai limité
- La compétence du tribunal sur le lieu de résidence de la victime
- Et la prescription glissante en cas de viols en série.
Un système de prévention efficace grâce
- Aux séances d’EVAR/S
- Au dépistage individuel annuel dès la maternelle, préconisé par la CIIVISE
- La formation de tou·tes les professionnel·les concerné·es (sport, éducation, social, médico-social)
- Un soutien matériel et financier aux associations de prévention et de sensibilisation.
L’accompagnement et reconstruction des victimes avec
- La création de centres pluridisciplinaires départementaux spécialisés
- La prise en charge à 100 % d’un parcours post traumatique spécialisé pour toutes les victimes
- Le remboursement intégral des soins médicaux et psychologiques liés aux violences.
Nous rappelons que pour mettre en oeuvre une telle loi, un budget allant de 2,6 à 3 milliards d’euros est nécessaire. C’est un engagement politique fort que nous attendons pour faire cesser ces violences.
110 députés et des milliers de citoyennes, citoyens, réunis partout en France portent ce projet de loi cadre intégrale. Elle est soutenue par plus de 80% de la population française.
Il faut maintenant qu’elle soit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, pour pouvoir être adoptée et dotée des moyens nécessaires à sa mise en œuvre.
C’est pour ça que nous sommes là, et que nous reviendrons !
